Comparaison des deux codes des coûts de construction CFC et eCCC-Bât

La norme révisée SN 506 500 «Code des frais de construction CFC» est disponible depuis mai 2017. Cette révision s’est imposée, car la dernière édition du CFC de 2001 ne répondait plus aux exigences en termes de représentation et de surveillance des coûts des projets. En parallèle au Code des frais de construction CFC, il existe depuis 2009 une seconde subdivision permettant une saisie structurée des frais de projets de construction immobilière: la norme SN 506 511 «Code des coûts de construction Bâtiment eCCC-Bât». Cet article nous explique pourquoi le CRB met deux structurations des coûts différentes à disposition et en quoi elles se distinguent.

La norme SN 506 500 «Code des frais de construction CFC» a fait l’objet d’une révision approfondie pour la dernière fois en 2001. Depuis, de multiples changements techniques et améliorations ont été apportés dans le secteur de la construction: de nouveaux termes et des désignations internationales courantes, des changements relatifs à certaines méthodes de construction et de nouvelles exigences en matière de représentation et de surveillance des coûts des projets ne sont que quelques-uns des aspects que l’on peut citer à ce propos. Pour que les normes suisses soient conformes à l’état actuel de la technique, de telles modifications doivent être prises en compte périodiquement. La révision actuelle du CFC a permis de s’aligner sur ces exigences et depuis mai 2017, le secteur de la construction en Suisse dispose à nouveau d’un outil qui permet de répondre aux exigences actuelles portant sur une subdivision communément admise et normalisée pour la saisie structurée des coûts des projets de construction immobilière.

Révision de la norme Code des frais de construction CFC 2017

La révision du CFC 2017 a essentiellement porté sur l’actualisation des termes employés et sur la structuration: certains termes spécifiques au CFC ont été ajoutés ou réaffectés, des contenus obsolètes ne répondant plus à l’état de la technique actuelle ont été supprimés. Des changements ont été apportés particulièrement dans les domaines de l’automation des bâtiments et de la protection contre l’incendie. Par ailleurs, les honoraires des concepteurs ont été restructurés afin de tenir compte de l’évolution actuelle au niveau des corps de métiers engagés dans les projets.

La plus grande modification par rapport à l’édition 2001 réside dans le fait que la version papier ne sera plus diffusée que dans une langue. Chaque version linguistique fera désormais l’objet d’une publication individuelle (disponible en versions allemande, française, italienne et anglaise). Pour aider les utilisateurs qui gèrent des projets dans plusieurs régions linguistiques de Suisse, CRB a décidé de publier un registre en quatre langues des termes du CFC en plus des publications monolingues. Enfin, les définitions des termes du CFC ont été intégrées dans la norme. Cela facilite son utilisation et rend superflue la publication des «Informations pour les utilisateurs» afférente au CFC.

Types de codes des coûts de construction

En principe, les codes des coûts de construction servent de subdivision pour la représentation des frais d’un projet de construction. Cette subdivision peut être faite sur la base des catégories de travaux (entrepreneur, peintre, électricien, etc.) ou sur la base des parties d’ouvrage (dalle, paroi extérieure, etc.). Comme il s’agit, dans la planification financière, de processus récurrents qui se rapportent au calcul, au contrôle et au pilotage des coûts pendant tout le processus d’étude et de réalisation, les codes des coûts de construction sont utilisables dans toutes les phases d’un projet de construction – de sa conception stratégique à sa réalisation. CRB propose actuellement les codes des coûts de construction suivants sous forme de normes:

Subdivision des coûts de construction selon les catégories de travaux:

  • SN 506 500 «Code des frais de construction CFC», édition 2017

Subdivision des coûts de construction selon les parties d’ouvrage:

  • SN 506 511 «Code des coûts de construction Bâtiment eCCC-Bât», édition 2012
  • SN 506 512 «Code des coûts de construction Génie civil eCCC-GC», édition 2017

Code des frais de construction CFC

La norme SN 506 500 «Code des frais de construction CFC» impose une subdivision axée sur l’exécution des projets de construction Bâtiment et garantit ainsi une structuration des coûts homogène et comparable par catégories de travaux. Le CFC permet de recenser tous les coûts occasionnés par un projet de construction, de sa conception à sa réalisation: cela englobe l’acquisition du terrain, les frais afférents au bâtiment, les frais d’équipement, les aménagements extérieurs et les équipements, tous les honoraires ainsi que les frais accessoires en tous genres.

La structuration hiérarchisée permet de subdiviser les calculs des coûts par catégories de travaux avec un degré de précision variable en fonction des besoins d’information. Pour ce faire, le CFC met quatre niveaux normalisés à disposition: groupes principaux, groupes, sousgroupes et catégories. Selon la finalité et la phase du processus d’étude et de réalisation, l’utilisateur peut choisir le degré de précision des informations qui convient à sa structuration des frais. En outre, les quatre niveaux peuvent être complétés en fonction de l’utilisateur ou du projet de telle sorte que les besoins en informations qui ne sont pas couverts par la structuration normalisée puissent être pris en compte: c’est à cela que servent les principaux groupes 6, 7 et 8 intitulés «Provisions».

La classification systématique des devis et des appels d’offres selon le CFC permet de reprendre les données des offres et des contrats d’entreprise et de les intégrer parfaitement à la gestion des coûts et des délais. Les sous-groupes ou catégories de travaux (numéro à 3 ou 4 chiffres) correspondent généralement soit à un contrat d’entreprise, soit à un mandat. L’avantage que présente l’utilisation du CFC pour la subdivision des dossiers d’adjudication réside dans le fait que le niveau des catégories CFC (= numéro à quatre chiffres) correspond à peu près aux chapitres du CAN. La structuration du CFC peut ainsi intervenir à tous les stades du projet: devis, contrôles des coûts et décomptes (informatisés), ou pour les analyses statistiques de projet par catégories de travaux. De même, des comparaisons internes et externes sont possibles.

S’agissant du transfert de la planification financière à l’administration du bâtiment lors de la phase de réalisation, la structuration du CFC présente des avantages. Cependant, en y regardant de plus près, il faut noter que le calcul des coûts orienté exécution est assez difficile dans les premières phases du projet: la planification d’un projet est généralement orientée partie d’ouvrage, alors que le point de vue orienté exécution devient de plus en plus important seulement lors de la réalisation ultérieure du projet de construction.

Code des coûts de construction Bâtiment eCCC­-Bât

La norme SN 506 511 «Code des coûts de construction Bâtiment eCCC-Bât» met à disposition une structuration des coûts axée sur la planification pour les projets de construction immobilière. L’eCCC- Bât structure les frais d’un projet de construction en groupes de parties d’ouvrages, de parties d’ouvrages ou d’éléments qui, avec l’extension standard de la structure «eCCC-gate», peuvent être affiliés sans problème à la description des prestations ou aux positions du CAN dans le cadre de l’appel d’offres.

Pour ce faire, l’eCCC-Bât propose trois niveaux de structuration: groupes principaux (par ex. C «Gros oeuvre»), groupes d’éléments (par ex. C 1 «Radier, fondation») et éléments (par ex. C 1.1 «Canalisations sous les bâtiments»). Des coûts et des grandeurs référentielles sont proposés à chaque niveau de l’eCCC-Bât et il est possible d’avoir une attribution claire de chaque partie d’ouvrage pendant toutes les phases du projet, de l’étude à la réalisation. Si la structuration de l’eCCC-Bât ne suffit pas à englober toutes les caractéristiques d’un projet de construction, la structure prescrite peut, à l’instar du CFC, être complétée par des groupes principaux, des groupes d’éléments et des éléments spécifiques au projet.

L’eCCC-Bât sert ainsi de base à la saisie systématique et détaillée des coûts d’un projet de construction, à leur calcul, à leur comparaison et à leur exploitation. Cela est possible grâce à des grandeurs référentielles qui sont normées à tous les niveaux de l’eCCC-Bât. L’application de l’eCCC-Bât favorise l’utilisation de termes univoques, une attribution structurée des grandeurs référentielles et des coûts, et une représentation transparente des facteurs d’influence. L’eCCC peut donc être perçu comme un instrument sans contradictions ni redondances, utilisable dans la pratique par tous les intervenants, et il peut aussi servir de check-list.

CFC ou eCCC­-Bât?

Les avantages susmentionnés de la méthode eCCC (univoque, transparente et orientée partie d’ouvrage) sont de plus en plus appréciés dans la pratique. Les premières grandes entreprises générales de Suisse ont d’ores et déjà décidé d’utiliser la structuration selon l’eCCC-Bât, en plus du CFC. Lors de la mise en Oeuvre, on procède progressivement en estimant par exemple les coûts en fonction de la structure du code des coûts de l’eCCC- Bât, alors qu’on utilise encore le CFC pour le traitement de devis. De cette manière, la banque de données interne peut être alimentée progressivement en valeurs référentielles et une maîtrise toujours meilleure de la méthode eCCC peut être attendue. Les avantages de l’eCCC-Bât sont évidents: il permet de calculer plus vite les offres des entreprises totales et des entreprises générales. En outre, le calcul des coûts selon l’eCCC-Bât offre une vision plus limpide des coûts effectifs afférents au bâtiment, sans imprécisions dues au système comme c’est le cas lors d’une analyse des coûts selon le CFC.

Conclusion

En tant que classification des coûts orientée exécution pour les projets en bâtiment, le CFC permet une saisie systématique des coûts par catégories de travaux et convient donc parfaitement pour la structuration des devis ou des appels d’offres. Par contre, les coûts d’un projet de construction peuvent être calculés avec l’eCCC-Bât basé sur les éléments, en se référant aux différents éléments ou parties d’ouvrage. Comparé au CFC, l’eCCC-Bât a pour avantage que le calcul des coûts selon l’eCCC-Bât via l’«eCCC-gate» peut être rapproché de la structuration du CAN, ce qui contribue à plus de transparence et d’interopérabilité pendant tout le processus d’étude et de réalisation. Les discussions actuelles sur les thèmes de la numérisation et du BIM (Building Information Modeling) montrent aussi que les informations sur les coûts basées sur les éléments peuvent être plus facilement intégrées dans les modèles d’ouvrages numériques, ce qui, selon le champ d’activité de l’entreprise, constitue également un argument pour l’application conséquente de l’eCCC-Bât sous forme de structuration des coûts. Une recommandation systématique pour le CFC orienté exécution ou l’eCCC-Bât orienté planification ne peut donc pas être faite. Il est donc nécessaire – en tenant compte des besoins en information des intervenants d’un projet, des spécificités de chaque projet et aussi de la phase considérée – de choisir la structuration des coûts la mieux adaptée à chaque cas.