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Les bonnes décisions reposent sur des comparaisons

La durabilité ne se cache pas dans les détails, mais dans les premières décisions. L'exemple d'une façade montre à quel point coûts, construction et impact climatique sont étroitement liés. Les éléments de calcul permettent de mettre en évidence ces corrélations dès l'étude préliminaire, et donc de les comparer. 

György Orbán | 06.07.2026

«Dans quelle mesure notre façade est-elle durable?» La question se pose dès le début, et pas seulement une fois dessinés les détails. Une façade protège, définit un caractère architectural et a un coût. Elle est faite de matériaux, consomme de l'énergie et génère des émissions de gaz à effet de serre. Et même si tout n'est pas encore connu au stade de l'étude préliminaire, celle-ci détermine la suite.

C'est là que les éléments calculés s'avèrent utiles. Ils permettent de chiffrer les premières idées, non pas comme une vérité définitive, mais comme une approximation précise. En effet, pour prendre de bonnes décisions, il n'est pas toujours nécessaire de disposer de données parfaites, mais bien de données compréhensibles et comparables. 

Une façade en bois ne présente pas les mêmes caractéristiques de durabilité et de coûts qu'une façade métallique ou une façade crépie à l'argile.

Ce que fait un élément calculé

Un élément calculé est un module structuré. Il correspond à un élément du Code des coûts de construction par éléments Bâtiment (eCCC-Bât) ou à une partie de celui-ci, par exemple une paroi extérieure, une paroi intérieure ou un revêtement de façade. Il peut contenir des articles CAN, des références aux matériaux et des valeurs référentielles.

Les planificateurs travaillent d'abord avec des quantités. Une façade, par exemple, a une superficie exprimée en mètres carrés. Si l'on associe cette quantité à un élément calculé adapté, on peut alors répondre à différentes questions: combien cela coûte-t-il? Quelle est la quantité de gaz à effet de serre contenue? Quel est l'impact sur l'environnement?

 

Le principe est simple: la quantité multipliée par la valeur référentielle donne la valeur. En Francs pour les coûts; en équivalents CO2 (kg CO2eq) pour les gaz à effet de serre ; en unités de charge écologique (UCE) pour l'impact environnemental; en équivalents pétrole (kWh oil-eq) pour l'énergie primaire, ou autre unité appropriée. L'avantage réside dans le fait que toutes ces valeurs proviennent de la même structure de projet.


Un exemple concret de façade

Pour une maison d'habitation présentant différents types de parois et de façades, le modèle comprend notamment des parois en béton, des parois intérieures, ainsi que des revêtements de façades et de murs contre terre. On détermine d'abord pour chaque type la quantité, puis on sélectionne dans la bibliothèque un élément calculé similaire.

Pour un revêtement de façade, il peut s'agir, selon la variante choisie, d'une façade crépie intégrant de la laine minérale, d'une façade en bois, d'une façade métallique ou d'une façade crépie à l'argile. Chaque variante présente ses propres valeurs référentielles, tant en termes de coûts que de durabilité. C'est ainsi que les idées architecturales se transforment en variantes comparables.

 

Façades et durabilité: le lien entre les coûts et le bilan écologique présente un fort potentiel.

Planification avec variantes

Grâce aux éléments calculés, une équipe peut comparer directement plusieurs variantes de façade, par exemple:

  • Variante 1: façade en bois
  • Variante 2: façade métallique
  • Variante 3: façade crépie à l'argile.

Pour chaque variante, on calcule les coûts, les émissions de gaz à effet de serre, les unités de charge écologique, l'énergie primaire et d'autres paramètres. C'est seulement à ce moment-là que la planification proprement dite commence: comparer, évaluer, identifier les effets. On constate souvent que ce n'est pas la surface qui est déterminante, mais plutôt l'épaisseur de l'isolation, par exemple. Ou bien que le problème ne réside pas dans le prix au mètre carré, mais dans la courte durée de vie d'un produit. Dans d'autres cas, on constate que le réemploi ou une structure démontable ont un impact plus important qu'un simple changement de matériau.

Prendre de meilleures décisions plus tôt

Au début des phases d'étude, la marge de manœuvre est grande, mais les connaissances sont encore limitées. Plus tard, c'est l'inverse. Les éléments calculés permettent de réduire cet écart. Ils donnent plus de substance à la définition des objectifs, à l'étude préliminaire et à l'avant-projet. Ils ne remplacent ni une analyse du cycle de vie détaillée, ni une planification technique. Mais ils constituent une base solide pour poser les bonnes questions: quelle variante est la plus robuste? Laquelle est la plus économique? Laquelle reflète au mieux la voie du climat? Et quelle solution s'avère la plus convaincante sur l'ensemble de son cycle de vie?
 

Conclusion

La question «Dans quelle mesure notre façade est-elle durable?» se concrétise grâce aux éléments calculés. De quoi transformer une intention en une question de planification vérifiable. Le potentiel réside dans l'intégration des coûts et du bilan écologique au sein d'un même modèle. De nouveaux indicateurs viennent compléter l'analyse en tenant compte des gaz à effet de serre, de l'énergie primaire, des unités de charge écologique et du carbone d'origine biogène. Par ailleurs, la prise en compte de la durée de vie permet de déterminer si une solution est viable à long terme. En résumé, la durabilité n'est pas contrôlée a posteriori, mais intégrée dès le départ.