eCCC-Bât

Le Code des coûts de construction Bâtiment eCCC-Bât (SN 506 511) gagne en importance à mesure que les modèles numériques se développent. La révision actuellement en cours de cette norme pose les premiers jalons de son application future. Cette classification des coûts, associée au standard international IFC (SN EN ISO 16 739), peut être utilisée comme système de classification pour les parties d'ouvrage. Dans un avenir proche, il sera possible de les relier à des valeurs référentielles ou à des appels d'offres. 

A première vue, entreprendre la révision du Code des coûts de construction Bâtiment par éléments au bout de cinq années seulement ne va pas forcément de soi, d'autant plus que, pour les bâtiments, les parties d'ouvrage n'ont que très peu changé ces dernières années. Ce qui a fortement évolué, en revanche, c'est notre conception des ouvrages eux-mêmes, ainsi que les méthodes de planification sur la base de maquettes numériques. C'est pourquoi, sur le fond, la norme suisse eCCC-Bât n'a pas été modifiée. Elle a toutefois été amendée, et complétée, en collaboration avec plus de 50 experts issus du secteur de la construction. Voici un aperçu des principales adaptations prévues, sous couvert de changements ultérieurs, avant publication de la norme, prévue pour le printemps 2020. 

Nouveau titre 

Il existe plusieurs interprétations quant à la signification du préfixe "e". Afin de souligner le rapport aux éléments, le projet de norme s'intitule désormais "Code des coûts de construction Bâtiment par éléments eCCC-Bât". La différence avec le CFC, structuré en fonction des corps de métier, est ainsi plus marquée.

Reformatage du code

Proposant un zéro à l'initiale, le nouveau formatage permet de diviser le code en plus de neuf sous-rubriques. Ceci est particulièrement important dans le groupe principal D, «Installations», afin d'opérer une meilleure distinction entre installations et systèmes et d'aider ainsi à la compréhension. L'absence d'espace rend le code plus facile à utiliser en informatique, par exemple pour générer des clés naturelles tels les liens hypertextes.

Second système référentiel

Comme dans le Code des coûts de construction Génie civil eCCC-GC (SN 506 512), un deuxième système référentiel B a été ajouté ici également. Cela permet d'introduire des grandeurs référentielles directement à partir d'une maquette, en plus de celles qui existaient jusqu'à présent. La documentation est déjà en préparation. Le contrôle de la plausibilité de même que la réutilisation des quantités, et donc des coûts et des valeurs référentielles, en seront simplifiés.

Abréviation des grandeurs référentielles

Afin d'améliorer la compatibilité entre les régions linguistiques, on proposera systématiquement, pour les grandeurs référentielles, les abréviations correspondantes en anglais. En annexe à la norme figure une liste indiquant quelles nouvelles abréviations correspondent aux anciennes.

Amélioration à des fins de modélisation

La distinction entre les «Canalisations sous le bâtiment jusqu'au premier regard» et les conduites de réseaux enterrés a été abrogée. L'ensemble des conduites de réseaux enterrés comprises dans le terrain sont mesurées jusqu'à l'entrée de l'immeuble. Ainsi, il ne sera pas nécessaire de modéliser les conduites séparément. Divers nouveaux éléments ont par ailleurs été créés, afin, par exemple, de proposer pour les balcons une meilleure distinction entre garde-corps et parapets.

Structuration claire des installations

Les groupes d'éléments des installations du bâtiment sont désormais structurés selon la norme SIA 411: source/puits, transformation, accumulation, distribution et local/transfert.  Cette distinction plus fine entre les groupes d'éléments permet de les relier aux systèmes du standard IFC.

Ouverture

La mise en consultation publique du projet s'est achevée le 8 novembre 2019. Comme à l'habitude, dans le cadre d'une standardisation, ce projet se présente comme le plus petit dénominateur commun entre l'ensemble des utilisateurs et des membres de la commission des normes. Ne sont pas communiqués les nombreux éléments de réflexion n'ayant pas été retenus. Dans son état actuel, notre projet n'en représente pas moins une bonne base de travail nous permettant d'adapter l'eCCC-Bât aux contraintes de la modélisation numérique et de recueillir ce faisant des retours d'expérience, en particulier en lien avec le jeu de règles eCCC-IFC. En ce qui nous concerne, de nombreux échanges ont pu confirmer la nécessité, pour buidingSMART, de compléter encore l'appareil de définitions proposé comme standard IFC, lesquelles devraient permettre d'unifier et de compléter les liens entre éléments et leurs quantités. 

Afin de simplifier en outre la mise en application de cet eCCC après révision, CRB s'est déjà engagé dans la mise en place d'un outil aidant à la conversion des valeurs référentielles. De sorte d'accompagner les néophytes dans leur découverte de l'eCCC dont on souhaite également souligner tout l'intérêt, la norme révisée sera livrée accompagnée d'un guide d'initiation rapide, offert aux usagers. Y seront exposés le fonctionnement de l'eCCC ainsi que de son extension, à savoir, l'eCCC-Gate.

Pour tout renseignement technique, ou en cas de suggestion, merci de vous adresser à Bärbel Buchholz, Cheffe de projet Développement, bb@crb.ch

Pas à pas vers la révision

Par souci de qualité et de sorte de pouvoir établir l'eCCC-Bât comme norme suisse reconnue auprès de la SIA, CRB, en tant qu'éditeur, doit s'en tenir aux directives pour les commissions de norme (SIA r72).

Une révision, y compris la composition personnelle de la commission en charge, se fera sur mandat et avec approbation de la SIA ou de la Commission centrale de normes (ZN). C'est seulement à ce moment que la commission pourra débuter son travail et en présenter le résultat en tant que "projet". C'est ensuite à la SIA qu'il reviendra de le proposer à la consultation publique pour une durée de deux mois. Suite au traitement des commentaires et des questions recueillis par la commission des normes, le projet entre pour deux mois également en phase publique de réclamation.

On a ainsi la possibilité de contrôler la façon dont les commentaires ont été intégrés et, le cas échéant, de proposer une nouvelle négociation. Une fois les traductions achevées, on peut demander l'autorisation de publication et mettre enfin concrètement en œuvre la norme révisée.