Le CAN – La base indispensable pour la description des prestations

Transformation liée à la sauvegarde du patrimoine, Bärenplatz, Berne. Photo: © Damian Poffet, Berne.

 

Avec le catalogue des articles normalisés CAN, les prestations de construction peuvent être décrites de manière standardisée, univoque et détaillée. De l’expérience pratique est indispensable au soumissionnaire pour s’y retrouver dans la multitude d’articles disponibles. Dans cet article, un utilisateur avisé montre les avantages du CAN à l’aide de deux exemples. Des outils tels que les descriptifs types offrent ici également un excellent soutien. 

Gaby Jefferies et Heinz Eberhart
01.10.2021

Par où commencer si l’on souhaite montrer que le CAN est la base indispensable pour la description des prestations? Idéalement tout au début … Heinz Joss, tout premier directeur du CRB, rapportait lors d’un entretien que les entrepreneurs, au début des années 1960, souffraient du fait «qu’architectes et ingénieurs civils ne rédigeaient pas de la même façon les appels d’offres pour les mêmes travaux. Ils devaient constamment faire attention à ne pas tomber dans des pièges, qu’ils auraient compensés en augmentant les prix. D’où le désir d’établir des articles normalisés.» Cette motivation reste aujourd’hui intacte. Avec ses quelques 200 chapitres pour les domaines du Bâtiment, du Génie civil et des Travaux souterrains, de même que des Installations du bâtiment et des Automatismes du bâtiment, le Catalogue des articles normalisés CAN constitue la base de descriptions de prestations standardisées et juridiquement sûres. L’élaboration des contenus du CAN par un collège de concepteurs, d’entrepreneurs et de maîtres d’ouvrage assure la couverture de l’ensemble des besoins de la branche. Le CAN jette ainsi les bases de la confiance mutuelle et d’une collaboration sans entraves. 

Comparabilité grâce à une description claire

L’emploi du CAN débute avec la phase de l’appel d’offres. Il permet l’établissement de descriptifs (devis) sur la base des plans d’atelier et de détail. Ces descriptifs détaillent par catégories de travaux les prestations et matériaux nécessaires à la construction d’un ouvrage. Cela garantit que toutes les entreprises remettant une offre se basent sur des informations identiques et que leurs prix seront comparables entre eux. Durant la phase d’exécution, le descriptif est utilisé pour le contrôle des coûts, la facturation, mais aussi pour le contrôle du chantier. De plus, le CAN est relié au code des frais de construction CFC et à l’eCCC.

Parfait échange de données

Le CAN représente le fondement du partage de données dans le secteur de la construction suisse. Les partenaires informatiques de CRB garantissent l’utilisation numérique des données CAN au moyen de logiciels d’application certifiés IfA18. Des associations d’entrepreneurs comme l’Association des entrepreneurs de l’enveloppe des édifices, Association suisse des entreprises de construction en bois, JardinSuisse, ASF, ASEPP, suissetec et EIT.swiss établissent des descriptifs standardisés avec leurs bases de calcul. Elles aident de la sorte les entrepreneurs à optimiser la rédaction d’offres.

Plus-value des données fournies par des tiers

Les données complémentaires fournies par un tiers ne sont pas intégrées au CAN. Elles fournissent cependant des informations précieuses auxquelles les utilisateurs accèdent par l’intermédiaire des logiciels d’administration de la construction certifiés. Ces informations sont notamment les références aux produits PRD des fabricants et des fournisseurs de produits de la construction. La plate-forme d’informations sur les produits de construction prd.crb.ch offre aux concepteurs et maîtres d’ouvrage des descriptions de leurs produits, mais aussi de très utiles descriptifs types et directives de planification, ou encore des objets CAO et BIM. On y retrouve aussi, édités par eco-bau, les éco-devis qui indiquent l’impact environnemental de matériaux et de prestations de construction.

«Remettre un bon descriptif aux entreprises soumissionnaires est une tâche essentielle du secteur de la construction.»

Heinz Eberhart, fondateur et partenaire de Eberhart Partner Bauleitungen AG, à Berne. Parallèlement à l’activité de conducteur de travaux qu’il exerce depuis longtemps, il est formateur dans le domaine des coûts de construction. bauleitungen.ch

Certaines lectrices et certains lecteurs peuvent certainement se représenter cette situation: assis devant votre PC, un descriptif à l’écran, les plans prêts à l’impression et, à l’arrière-plan, la pression perceptible de l’appel d’offres …

Depuis plus de cinq décennies, le catalogue des articles normalisés CAN constitue le moyen éprouvé pour venir à bout de cette tâche. Grâce à l’optimisation continue des différents chapitres CAN et aux connaissances requises pour le maniement de cet outil, les utilisatrices et utilisateurs peuvent répondre aux appels d’offre avec l’efficacité requise. En tant que formateur dans le domaine des coûts de construction, je sais de quelle cote de popularité jouit cette importante prestation de conception ou de conduite de travaux. Toutefois, le plaisir de travailler avec le CAN pour la préparation des descriptions de prestations ne grandit qu’avec l’expérience pratique. Pour les personnes ayant peu d’expérience en matière d’appels d’offres et ne travaillant qu’occasionnellement avec le CAN, cette tâche peut en effet relever du défi au regard de la quantité d’articles à disposition. Les deux exemples pratiques suivants mettent en avant les avantages mais aussi la flexibilité du CAN.

Informations standardisées sur les produits

L’assistance technique pour l’harmonisation des spécifications du processus de construction et des informations des fabricants sur les produits assure d’importants gains de productivité. Elle aide les maîtres d’ouvrage, concepteurs et entrepreneurs exécutants à trouver les produits adaptés à leurs spécifications parmi une multitude de banques de données sur les produits (p. ex. PRD de CRB). Il est ensuite possible d’ajouter des données de produits aux spécifications dans les systèmes d’auteurs, voire de reprendre intégralement les informations sur les produits dans les systèmes. CRB ne souhaite pas édicter de prescriptions pour la structure de données des banques de données sur les produits et mettra donc à disposition un «hub de produits de construction». Transparent pour l’utilisateur, ce hub organise le «mappage» des différentes structures et fournit des informations interopérables et standardisées sur les produits de construction en combinaison avec les standards CRB.

Conclusion

+ Lorsqu’on travaille avec l’article de réserve «all in one», on rassemble plusieurs articles dans un même article, ce qui permet de rédiger le descriptif rapidement et sans perte de temps.

Cependant

– le calculateur dispose d’une trop grande marge d’interprétation
– pour les soumissionnaires, la charge de travail est beaucoup plus élevée pour la calculation
– les offres ne sont pas comparables
– il y a risque de discussions épuisantes et laborieuses
– des demandes d’avenants sont à prévoir
– m1/m2/m3 sont mêlées et ne sont donc pas mesurables, ce qui offre une plus grande liberté à l’entrepreneur
– il n’est pas fait de distinction entre volume théorique et foisonné
– les facteurs de foisonnement des différents matériaux ne sont pas pris en compte
– etc.

Description de prestations par éléments fonctionnels

Dans le domaine du bâtiment, il peut arriver que la sélection d’un article standard ne décrive pas assez précisément la prestation demandée. Dans une construction à sec par exemple, lorsque l’on veut créer de nouveaux éléments de cellules sanitaires, on décrit exclusivement des surfaces très petites. Avec l’affectation de ces petites quantités dans les paragraphes correspondants, il est possible de les visualiser (avec plans annexés) et de délimiter nettement l’étendue de l’article fonctionnel par une dénomination claire de l’élément. Pour le soumissionnaire, la calculation se fait très simplement et pour la direction des travaux le travail de métré et de contrôle est également minimisé.

Conclusion

Dans le cas présent, il est préférable de privilégier les articles de réserve, aux articles standard et visualiser les éléments. 
+ le calculateur peut identifier aisément les éléments et calculer la prestation
+ le métré est simplifié par le nombre d’éléments
+ des modifications dans la réalisation sont plus faciles à calculer
+ la surveillance des coûts par la direction des travaux est simplifiée
+ la description des éléments sert à la préparation des travaux de l’entrepreneur

À noter: Ce mode d’appel d’offres ne peut être effectué qu’une fois l’étude détaillée terminée. CRB propose différents cours de formation continue dans le segment «Coûts et prestations dans le processus de construction».  Ces formations permettent aux utilisatrices et utilisateurs d’améliorer leurs compétences dans l’élaboration des descriptifs et les aide à obtenir plus d’assurance et de plaisir dans leur travail avec le CAN.

Pour rendre l’utilisation du CAN à la fois plus sûre et simple, nous développons un format de formation continue dédié «Check-list CAN».

Souhaitez-vous en savoir plus? Envoyez-nous un mail à Johannes Herold.